Intrapreneuriat : fidéliser et retenir les talents

Accompagner le désir d'entreprendre des salariés est une tendance montante au sein des grands groupes. Dans ce modèle, l'entreprise devient un incubateur et le salarié... un intrapreneur. 

Article publié sur LinkedIn le 15 juin 2017

Nombre de produits et services - Gmail en tête - ont été créés sous l'impulsion de la politique 20% time vantée par Google. Elles consiste à proposer aux salariés de consacrer un cinquième de leur temps de travail à des projets qui leur tiennent à cœur et font grandir l'entreprise.

Une forme d'entrepreneuriat à l'intérieur des grands groupes qui intéresse de plus en plus les générations montantes, comme le prouve cette récente enquête menée par Deloitte, Viadeo et Cadremploi auprès de 3.961 salariés en France.

« 72% des salariés sont intéressés par l’intrapreneuriat » - Deloitte.

L'occasion de s'arrêter sur ce néologisme, formé des termes «interne» et «entrepreuriat». Il décrit une nouvelle forme de développement de projets innovants, encouragés et soutenus par la direction de l'entreprise.

« À regarder les exemples d'entreprises qui ont développé ce concept (3M, La Poste, Crédit Agricole, Pepsico France, Alcatel Lucent, SNECM, pour ne citer que quelques exemples), il semble que la démarche peut s'appliquer à tous les secteurs sans limite. Du secteur bancaire, à l'industrie, aux entreprises de services ou des biens de consommation de masse, de nombreuses organisations se sont lancées dans l'aventure intrapreneuriale. » - Aude Bohu (Talentis), dans Challenges.

Libérer l'autonomie, libérer la croissance ?

Un jeune diplômé français sur deux nourrit l'ambition de créer sa propre entreprise. Ce statut d’indépendant/entrepreneur séduit massivement, en France comme dans le Royaume. En 2016, il y a eu 2.000 indépendants de plus chaque mois en Belgique. « Ce n’est jamais arrivé », déclarait le Ministre des indépendants et des PME, Willy Borsus le 30 mars dernier. L’intrapreneuriat s'avance alors comme une solution pour attirer les talents, mais aussi pour les retenir et les fidéliser.

L'intrapreneuriat se traduirait - toujours selon l'enquête - par un relais de croissance : 66% des répondants affirment que les résultats de leurs projets développés dans le cadre d'un programme de ce type ont été adoptés par leur entreprise.

Qu'est-ce qui motive les intrapreneurs? Le développement professionnel (26%), la volonté d’autonomie et d’indépendance (24%) ainsi que le challenge (20%).

Poult, le pionnier français

Sur le site de Montauban, le deuxième fabricant de biscuit en France a lancé il y a deux ans un programme start-up et un incubateur interne. Pour éviter de voir partir des cadres et des employés essentiels, le groupe accompagne désormais leurs collaborateurs dans leurs projets : horaire, cadre, salaire, financement. Une contrôleuse de gestion a présenté un projet de food truck de légumes bio. Poult a financé les investissements - dont l'achat du food truck et son laboratoire de cuisine - et mis ses équipes internes au service de la : désormais,

« La Légumerie » est une filiale du groupe et la contrôleuse de gestion est devenue... chef d'entreprise.

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