Et d’inventer la vie qui va avec

Je me relis.  Exercice indispensable.  Enfin, surtout cette phrase : «Peut-être n’ai-je pas trouvé* de domicile fixe ?» C’était en juin 2015.

Non, je n’ai pas trouvé cette «place» à San Francisco ; les raisons sont multiples, mais sans importance.

Nous sommes le 15 janvier 2016. À l’heure qu'il est, je devrais faire mes valises, un billet en poche, sans retour programmé, pour Bruxelles. Le hasard - qu’il a bon dos, le hasard! - en a décidé autrement. J’étais heureux de rentrer, mais je reste. Certains trouveront - le passé composé fonctionne également dans cette phrase - ce revirement «instable». L’essentiel n'est pas là.

Notre récit nous pose dans un décor. À nous de jouer. Et d'inventer la vie qui va avec.

En remplissant les 18 caisses de carton, empilées dans un camion U-Haul au-dessus du canapé, je me suis surpris : qu’on en accumule, des objets, en vingt-sept mois ! Me voilà installé, à 340 miles au Sud de mon précédent domicile, à Goleta, Santa Barbara.

Les questions ne manquent pas. Comme hier, on me demande si «je suis (plus) heureux», «ici». Les deux premières années ont été pavées de doutes, de mots de trop et de (trop nombreux) passages à vide. Le «rêve américain» se déguste cru, je le crains.

Suis-je heureux ? Quel adjectif définitif ! Est-on jamais capable de le dire ? Je l’ai été, dimanche dernier, en observant un crabe à Ellwood Beach, au coucher du soleil, vers 17h.

En posant mes valises dans cet environnement de carte postale, j’ai cessé de me poser la question du retour. Ce fut soudain et naturel. Je me suis rapproché de moi-même à l’autre bout du monde. Intensément.

Cette seconde saison sera-t-elle la bonne ? Je l'ignore.

Peut-être est-ce le début du voyage ? Enfin !

Slow crash Stumble over nothing on my own path Runaway, I am just a nomad

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